Carnet de notes de Pibo

Juin 2011

Pédéhen

pdn

Comment nommer ?

1 pied X 1 pied X 1 pied...

Cube ?

Balles cubiques ?

Pied cube ?

Pied de nez ?

Pdn… Pédéhen !

(cliquez sur l'image pour découvrir Pédéhen)

Signature de Pibo.

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Avril 2010

Insiphel

insiphel

Comme sortie d’un placard, Insiphel représente une fusion entre la forme et le fond d’une œuvre d’art. L’amalgame du sujet dans son support se concrétise sous l’apparence d’un tableau suspendu à un cintre. Cet accessoire, habituellement utile pour « remiser » un vêtement (ici représenté par l’étole) devient un prétexte pour suspendre une toile. En observant de près, la toile est elle-même formée d’une série de bandelettes suspendues à son faux cadre… Chacune des bandelettes toilées compose une partie d’une peinture figurative représentant un paysage urbain. Les détails de ces bandelettes mettent en évidence des édifices peints de manière figurative. Après avoir été découpées et replacées dans un ordre non conventionnel, des lignes rappelant le jointage des vitraux complètent l’image devenue déformée voire presqu’abstraite.

Mais le sujet de l’œuvre ne s’arrête pas là. Un regard plus approfondi souligne que l’architecture du tableau est un prétexte à représenter en substitut des fenêtres, divers tableaux de maîtres, précurseurs de l’art moderne et contemporain. Insiphel est par conséquent plus qu’un clin d’œil à l’art précurseur. C’est une métaphore justifiant la substance même de notre art contemporain.

Signature de Pibo.

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Août 2009

L’ESTRAN de la Pointe

lestran

Là où la montagne s’enlise, là où la mer s’empiète, au pied de la margouille bat une vague qui s’effiloche en ridelles en travers les crans et galets. Au rythme des lunes, des vents et marées mes sens en dessous, ou bien en dessus, mi-terre, mi-mer, monte ou descend, je chavire, j’échoue… Peut-on imaginer entrevoir un ciel de fond marin du haut d’un sentier, assis sur un banc de terre ? Peut-on imaginer m’engouffrer sous ce tapis et regarder ses effluves en travers la lumière balancer sous le vent ? Mi-terre, mi-mer, ni terre, ni mer, d’en haut ou d’en bas, j’émerge, je plonge.

(cliquez sur l'image pour voir évoluer L'ESTRAN de la Pointe)

Signature de Pibo.

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Hiver 2009

Impasse

J’ai beau essayer, rien n’y fait. J’ai pourtant de quoi faire, de quoi m’occuper à travers tous ces charabias d’œuvres qui traînent éparses dans mon atelier. Il y a des semaines, je ne les compte plus, que je veux m’y mettre…

Mais rien n’y fait.

Il y a toujours un peu de recherche, du picossage web ou numérique, des prises d’images qui pourront servir un jour, peut-être. Ou encore un petit dessin à compléter pour un tel ou tel autre… Tout cela n’est que rien. Pas grand-chose; du passe-temps pour oublier, pour ne pas faire ce qui m’attend, ce qui me reste à faire, ce qui a été commencé et qui n’est pas encore terminé.

Rien n’y fait.

Signature de Pibo.

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Octobre 2007

expilatif inspilatif

Inspilatif et expilatif

L’espace et la matière se conjuguent comme les phrases. Le fouillis s’organise au fil des idées. Les mots se forment, s’agglutinent, se structurent. L’œuvre prend forme avec la concertation des masses, la pénétration des espaces et l’enveloppement de la lumière.

C’est l’inspilation des idées !

Dans un premier souffle, toute l’énergie de l’expression se tourne vers l’intérieur et prépare la lettre à devenir mot. La magie des signes s’imprime doucement et devient de plus en plus signifiante.

Le mot prend place comme l’image prend un sens.

Le fouillis des idées s’organise toujours. De manière semblable mais opposée, le devenir de la lettre reste entier si le mot reste muet. Vient alors l’expilation.

L’énergie se libère. Ouverture de l’espace, le tourbillon des idées, la lettre s’inscrit et s’exprime en mots dits et redits.

Signature de Pibo.

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Octobre 2007

Afluve

Afluve

Je n’avais pas dit mon premier mot qu’une bourrée de souffles balaya ma pensée en semant la confusion la plus complète. Mes idées devinrent si volatiles, si incohérentes que j’eus l’impression de me retrouver nu, sans âme, enveloppé d’un nuage d’idées vaporeux s’effilant au gré du flux et reflux de ce courant d’air.

Les mots se mirent à valser et à tourbillonner dans ma tête. À peine pouvais-je distinguer à travers ce brouillard de lettres éparses le fil qui ne guidait plus rien du tout et qui semblait prendre un malin plaisir, lui aussi, à tourner autour de moi.

Puis, une vague impression m’envahit.
J’ai senti alors une envie folle de créer.

Signature de Pibo.

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Septembre 2007

GraffitiP

Graffiti-Piercing

Signes d’époques.

Durant les années « peace & love » nous portions jeans et sandales. J’avais les cheveux longs, parfois retenus par un lacet de cuir décoré de macramé. Nous clamions résolument notre différence.

J’ai le souvenir encore des condamnations malheureuses provenant de ces adultes intolérants et aussi de ces rebuffades lancées du regard par ceux qui osaient à peine témoigner leur embarras de nous voir exister.

Je vois aujourd’hui ces ados, percés de métal et masqués de tatous. Cette jeunesse vêtue de tout et de rien, colorée et maquillée à ne plus se reconnaître, bravant les chimères et dictant leurs chants rebelles sur les murs gris de la ville.

Comme un écho lointain, j’entends ces condamnations malheureuses provenant de ces adultes intolérants et aussi de ces rebuffades lancées du regard par ceux qui osaient à peine témoigner leur embarras de nous voir exister.

Prise deux !

Signature de Pibo.

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Juillet 2007

Arbralu

Arbralu

Depuis bien longtemps, la terre a rendu ce qu’elle avait de plus précieux. Bafouée, sans répit, détournée, affaisée, irradiée, mole par mole, gène par gène, cellule par cellule. L’âge de la vie sur terre n’est plus. Le soleil aussi a perdu ce qu’il avait de plus beau. La Voie est devenue stérile. L’humain n’en témoignera jamais plus.

En cette année 140 451, comme une contrefaçon, à l’autre bout de l’univers, quelques génomes ont échappé au désastre et ont terminé leur odyssée. Réfugiés planétaires, ils ont germé, cellule par cellule, l’hybride est né. Il assure autrement.

De ses ancêtres, croisent aujourd’hui fils et fibres.
De ses origines, il a conservé, branches et racines, feuilles et fleurs.

Que deviendra-t-il 154 041 ans plus tard ?
Se laissera-t-il encore une fois dominer, détourner, affaisser, irradier ?

Implacable nature.

Signature de Pibo.

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Mai 2007

Écoeuré de mourir

Je suis écoeuré de mourir... Et alors!

Ce pourrait être une parade à la boutade du poète Claude Péloquin, qui, voilà 40 ans, lançait à la figure des Québécois : « Vous n’êtes pas écoeurés de mourir bande de caves ! »

Puis, comment ne pas songer à ces événements qui surgissent sans prévenir dans notre parcours de vie, et qui font réaliser que notre empreinte aurait pu s’arrêter là, brusquement ? L’instant d’une toute petite fraction de seconde notre destinée aurait pu s’éteindre, inexorablement, comme le bout de la chandelle épuisée.

Et il y a aussi ces moments magiques qui nous entraînent dans le monde du rêve, dans l’espace imaginaire, dans l’univers de la création. N’est-ce pas aussi mourir que de reprendre contact avec le quotidien terne et routinier ? N’est-ce pas mourir un peu chaque fois que d’abandonner ces lieux magiques ?

Que ce cri demeure bien caché, tout enfoui sous la peau,
là où s’accumule les cicatrices.

Signature de Pibo.

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Novembre 2006

Prétention

Prétention

Pour peu que la matière trouve son espace.

Pour peu que ces vides, lacés au détour d’une simple ligne, relâchent leur emprise. Pour peu que ce moule s’immobilise. Un instant, juste ici, ou juste là, pour montrer ce qu’il prétend devenir. Mais tout bouge ! Tout « mouve » !

J’oubliais de vous dire que mon regard n’est que l’arrêt temporaire de ce que prétend voir mon imaginaire. L’image que j’essai de fixer demeure toujours fluide coulant de l’infini vers l’infini.

Tout bouge ! Tout « mouve » ! Dichotomie entre le vide et le plein, entre la droite et la courbe, entre le mouvement et l’inertie.

Voilà une épreuve.

Sur chaque pointe, 3 axes retiennent l’équilibre entre mon rêve et la réalité. De ces axes s’articule une infinité de formes, de postures qui n’ont que de sens leur prétention.

Signature de Pibo.

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Avril 2006

Ouelurie

Ouelurie

Un regard perdu à l’horizon est aussi nébuleux qu’un regard sur soi-même devant un miroir… Au-delà de l’horizon le regard passe et derrière le miroir l’intimité pénètre bien au-delà de l’apparence.

Drôle d’espoir pourtant que de s’imaginer comprendre les méandres, les replis et les textures difformes meublant nos pensées. Pâle esquisse de la réalité que le regard perçoit : méli-mélo d’émotions et de rationnel ne laissant filtrer qu’une parcelle de vérité.

Car c’est bien la fine pointe de l’iceberg que les mots de l’esprit tentent de décrire, d’expliquer ou d’exprimer.

Qui peut se vanter d’avoir vu ce qu’il y a derrière son horizon ?

Signature de Pibo.

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Août 2005

Bélian

Bélian

Août 2005… à la brunante.

Agréable journée. Que de satisfaction ! Comment raconter ? Une idée a germé à la vue de tous ces bouts de bois qui dormaient depuis … depuis trop longtemps.

Une idée, c’est peu dire. Plutôt une tornade de formes, de lignes, de courbes qui s’alignent, se dressent et s’élancent dans un élan, figées dans le temps. J’imagine un grain qui germe, l’éclosion de la vie qui, inexorablement, se dresse et se forge. Je vois aussi dans ces champs, toutes ces cultures, cette vie végétale généreuse, ces brindilles, ces blés, ces avoines qui n’en finissent plus de plier et de céder à la volonté du vent.

Ce vent presque toujours présent sur ces plateaux de Beauce. Ce vent qui fait chanter les arbres bordant la forêt. Qui siffle jusque dans mon refuge, par les fenêtres de ma chambre. Éole règne. Il fait plier l’échine de ces bois et impose le salut.

Drôles d’idées que j’ai eues à la vue de ces planches dormantes. Elles auront une deuxième vie, un deuxième souffle; symbolique. Leur seule utilité dorénavant sera de provoquer la curiosité. Pour un temps…

Voilà comment a été conçu « Bélian »
Une empreinte a germé dans ce Beau Lieu garni de vent.

Le lendemain soir.

Bélian a grandi. Elle a pris sa forme, son élan. C’était comme un accouchement. Un germe qui éclos, un bébé qui accouche. Voilà ! Reste bien quelques trucs à installer ici et là, question de parfaire une beauté et de maquiller une allure finale.

Restera le temps qui, petit à petit, fera son œuvre. La patine du bois chauffée par le soleil, le tortillage des brins séchant et courbant vers ici ou vers là. Certains tomberont. Comme les vieux. Elle atteindra sa maturité à l’automne ou peut-être bien au printemps prochain!

Voilà comment Bélian est né.

Signature de Pibo.

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