pdn

2016

Dualités de la vie

Murale, La Malbaie (Charlevoix)

Dualités comme deux chemins possibles, deux choix, deux solutions, sans vrai ou faux, sans erreur fatale, juste l’inévitable dilemme humain.

Dualités comme deux chemins possibles, deux choix, deux solutions, sans vrai ou faux, sans erreur fatale, juste l’inévitable dilemme humain.

Il y a aussi les dualités entre moi et les autres, celles prescrites et celles pressenties, ou encore celles imposées et celles choisies.

Avancer ou reculer? Agir ou laisser aller? Dire ou se taire?

Tresheir Drostae

Janvier 2016

Tresheir Drostae

Murale, La Malbaie (Charlevoix)

En 2015, la France a vécu sous le choc. Il y a eu Charlie Hebdo et puis Le Bataclan avec ses suites et poursuites. Que d'émotions! Que d'incompréhensions! Que d'appréhensions qui, aujourd'hui, hantent les coeurs de toute la Communauté européenne. Bien sûr que devant ces éclats, l'occident, du mieux qu'il peut, tente de se raisonner et de n'y voir qu'une guerre de sectes dont il est un simple «innocent». Comment ne pas rester indifférent devant l'ampleur de cette guerre qui, rappelons-le, se manifeste bien plus dramatiquement sur le continent africain et dans les pays arabes. D'où viennent les migrants qui viennent déranger notre petit confort capitaliste? Qui leur a vendu les armes qui détruisent leur foyer et leur vie?

Tresheir Drostae, c'est une trace dans ma mémoire. Une trace pour me rappeler que cette calamité du 21° siècle n'est que le fruit de ce que nous avons semé.

N.b Une rébus se cache dans le titre de l'oeuvre.

Données techniques de l’oeuvre:
Dimensions: 61 x 61 cm‬‬‬‬‬‬‬‬‬
Matériaux: pâtes ciment, tissus, récupérations, acrylique

IP#9

Septembre 2015

Machine à calme (MaC)

Sculpture, La Malbaie (Charlevoix)

À l'invitation du musée de Charlevoix, j'ai fabriqué une Machine à Calme (MaC). Cette sculpture-patente est principalement utile pour transformer les énergies folles ou extravagantes en calme. Elle permet de mettre en réserve ou de diffuser si besoin le résultat de la transformation chez les humains désirant abaisser leur niveau de stress.

Les effets d'une telle machine sont multiples, le principal étant d'amener l'utilisateur dans un état physique et mental propice à l'oisiveté.

Personnellement, j'utilise quotidiennement une version personnalisée de la MaC car, comme chacun le sait, la créativité vient avec l'oisiveté!

Pour en savoir davantage au sujet de l'oisiveté et de la créativité , vous pouvez consulter le GESTUAIRE PATAPHYSIQUE au Carnet de Pibo.

(cliquez sur l'image pour découvrir la MaC)

IP#9
IP#9

Juin 2015

IP#9

Sculpture, La Malbaie (Charlevoix)

Je marche sur les pas de la parfumeure Isabelle Michaud à Rio de Janeiro, dans la verdure du Jardim Botânico et le sable d’Ipanema, ao posto 9. Les souvenirs olfactifs alimentent les émotions et l’imagination ; ils stimulent également les formes et les couleurs. Parfumerie et sculpture se rencontrent ici. Ip#9 est Inspiré du parfum Ipanema Posto Nove.

Je n’ai jamais mis les pieds dans le sable d’Ipanema mais à l’instar du Posto 9, la plage des Salines en Martinique m’est bien connue. Elle est surtout fréquentée par la population locale. Je garde un souvenir puissant de cette sensuelle odeur du lieu occupé par le joyeux mélange des familles et de la jeunesse martiniquaise. J’entends encore les rires et facéties des enfants de tous âges et le brouhaha des jeux ; je ressens les arabesques joviales de la séduction. Je revois aussi la danse chantée de la dame occupée à son petit foyer de bois.

Ces moments précieux pour moi ne seraient pas complets sans cette singulière odeur du mélange d’essences de végétation tropicale, du sable à la fois brûlant et rafraichi par la brise saline, l’odeur sensuelle des garçons et des filles amusés à leur cour. À ce cocktail, j’ajoute les arômes et les bouquets sucrés et épicés des grillades et autres gourmandises locales…

Mais encore…

Les impressions qui surgissent de IP#9 sont légèreté, envol, équilibre, floral, chaleur, exotisme, mouvance, fluidité, vent, mer, enveloppant, souplesse, harmonie…

En dominance, les fleurs d’orchidées et de violettes, composées des cinq plaques représentant pétales, sépales et labelles, tourbillonnent avec leur tige autour du Corcovado et de la plage.

Une de ces plaques prend la forme d’une vague s’échouant. Franchissant le passage du Posto 9 – la porte symbolisée par l’arche évidée du Corcovado –, une feuille forte et massive mais subtile dans son mouvement émerge, rappelant l’important apport des multiples plantes ainsi que la note de fond du patchouli.

La disposition des éléments floraux symbolisés, soutenus par un ensemble de tiges recourbées, simule le mouvement tourbillonnant de ce délicat mélange baignant dans l’alambic. Au centre, un mince fil d’acier émerge en colimaçon et rassemble les effluves libérés pour se terminer en goutte d’argent.

Cet assemblage surgit de la base – Ipanema, Rio, Brésil –, s’élève tout en douceur et semble tourbillonner en un harmonieux mouvement spiral.

IP#9 a été conçu pour le plaisir des yeux, sous tous ses angles, comme Ipanema Posto Nove pour le plaisir des nez…

(cliquez sur l'image pour découvrir IP#9)

Données techniques de l’oeuvre:
Sculpture en acier peint 33 cm x 36 cm x 38 cm haut

pdn

Décembre 2014

Lédomia

Sculpture, La Malbaie (Charlevoix)

Je suis musicaliste.
En remontant la portée s’animent les notes que ma muse s’amuse à insinuer.
Projetée par son souffle et poussée de ses caresses, une mélopée surgit de mon âme.
Les tons s’ajustent, la mélodie prend forme et s’harmonise. L’ambiance se crée.
De son pied de clé de sol, je lance le mouvement; vigoureux mais toujours en douceur.

Les rythmes s’enchaînent et sinuent en poursuivant leur montée. De ce seul trait, les sons se colorent et les couleurs se superposent, s’esquivent et se décomposent tel l’arc-en-ciel qui s’éveille, brille, se fond et s’éteint, sans plus.

Qu’elle vibre ou qu’elle souffle, qu’elle glisse ou qu’elle coule, ma partition s’élève et virevolte note après note avant qu’elles ne s’évaporent, une ronde s’amuse, elle aussi, à jouer au pied de vent.
Voilà pourquoi, grâce à la magie de ma muse, je suis devenu musicaliste.

(cliquez sur l'image pour découvrir Lédomia)

Données techniques de l’oeuvre:
Sculpture en acier peint 98 cm haut x 76 cm x ‪96‬‬ cm‬‬‬‬‬‬‬‬‬
Socle : 101,6 cm x 20 cm

pdn

Mai 2012

Ruptance

Sculpture, La Malbaie (Charlevoix)

Comme il en va du temps que l’on désire sans fin, Il en vient tout autant dont on se passerait, sans plus. Un temps soit peu, trop long, trop tout. S’en étourdir comme un vent de tempête, celui qui rompt l’amarre et fragilise l’hauban !

Du haut de mon âge, je marque cette page. Celle où je vois l’empreinte de mon temps comme un mat rompu, cassé, oublié par dépit, moisi en travers l’étale d’une mer polie.

Myrrhe. Jeunesse. Pourquoi accuser ce tu seras Et oublier ce qu’on a vécu ?

Cette sculpture se compose d’un assemblage de deux pièces d’acier provenant d’un lieu commun, mais de deux époques bien distinctes. Au cours des derniers siècles, la construction de goélettes, le transport du bois de pulpe et le cabotage ont marqué profondément l’activité maritime de Charlevoix. Ruptance a été réalisée à partir d’artéfacts en acier façonnés par les ouvriers du fer de la région, l’un provenant du chantier maritime toujours en activité à l’Île-aux-Coudres et l’autre, extrait des vestiges d’un ancien chantier maritime de l’estuaire de la rivière Malbaie situé à quelque 30 Km de l’île. Cette œuvre témoigne de la rupture des époques et de la persévérance des communautés locales.

pdn

Août 2011

Élévation

Fresque murale, Pointe-au-Pic (Charlevoix)

La conscience écologique a un réel impact dans la mesure où l’action individuelle rejoint l’ensemble de la communauté. Composée à partir d’objets résiduels et de déchets, Élévation met l’emphase sur la cohérence possible entre la diversité et les matières recyclées. Par le simple geste de cueillir, le souci de récupérer et un soupçon de créativité, la juxtaposition de ces matériaux transforme le contenant d’une poubelle en œuvre d’art. Même la murale est le fruit d’une œuvre recyclée. Voilà bien une version élevée et écolo de l’arroseur arrosé!

pdn

Juin 2011

Pédéhen

Comment nommer ?
1 pied X 1 pied X 1 pied...
Cube ?
Balles cubiques ?
Pied cube ?
Pied de nez ?
Pdn Pédéhen !

(cliquez sur l'image pour découvrir Pédéhen)

Avril 2010

Insiphel

insiphel

Comme sortie d’un placard, Insiphel représente une fusion entre la forme et le fond d’une œuvre d’art. L’amalgame du sujet dans son support se concrétise sous l’apparence d’un tableau suspendu à un cintre. Cet accessoire, habituellement utile pour « remiser » un vêtement (ici représenté par l’étole) devient un prétexte pour suspendre une toile. En observant de près, la toile est elle-même formée d’une série de bandelettes suspendues à son faux cadre… Chacune des bandelettes toilées compose une partie d’une peinture figurative représentant un paysage urbain. Les détails de ces bandelettes mettent en évidence des édifices peints de manière figurative. Après avoir été découpées et replacées dans un ordre non conventionnel, des lignes rappelant le jointage des vitraux complètent l’image devenue déformée voire presqu’abstraite.

Mais le sujet de l’œuvre ne s’arrête pas là. Un regard plus approfondi souligne que l’architecture du tableau est un prétexte à représenter en substitut des fenêtres, divers tableaux de maîtres, précurseurs de l’art moderne et contemporain. Insiphel est par conséquent plus qu’un clin d’œil à l’art précurseur. C’est une métaphore justifiant la substance même de notre art contemporain.


Août 2009

L’ESTRAN de la Pointe

Fresque murale, Québec

lestran

Là où la montagne s’enlise, là où la mer s’empiète, au pied de la margouille bat une vague qui s’effiloche en ridelles en travers les crans et galets. Au rythme des lunes, des vents et marées mes sens en dessous, ou bien en dessus, mi-terre, mi-mer, monte ou descend, je chavire, j’échoue… Peut-on imaginer entrevoir un ciel de fond marin du haut d’un sentier, assis sur un banc de terre ? Peut-on imaginer m’engouffrer sous ce tapis et regarder ses effluves en travers la lumière balancer sous le vent ? Mi-terre, mi-mer, ni terre, ni mer, d’en haut ou d’en bas, j’émerge, je plonge.

(cliquez sur l'image pour voir évoluer L'ESTRAN de la Pointe)

Cette installation a été réalisée dans une petite communauté en bordure du St-Laurent, sur un territoire devenu réserve mondiale de la biosphère. L’Estran de la Pointe exprime la communion intime entre la mer, la montagne et sa communauté. Monté à partir d’un filet de pêche, de cordages, de poulies, d’algues et de souches cueillies dans l’estran au pied du village, l’œuvre fut érigée dans un coteau boisé situé sur les hauteurs du village. Les visiteurs pouvaient circuler à l’intérieur de l’installation par un sentier et se laisser imprégner de l’ondulation des cordages et les effluves du varech.

Hiver 2009

Impasse

J’ai beau essayer, rien n’y fait. J’ai pourtant de quoi faire, de quoi m’occuper à travers tous ces charabias d’œuvres qui traînent éparses dans mon atelier. Il y a des semaines, je ne les compte plus, que je veux m’y mettre…

Mais rien n’y fait.

Il y a toujours un peu de recherche, du picossage web ou numérique, des prises d’images qui pourront servir un jour, peut-être. Ou encore un petit dessin à compléter pour un tel ou tel autre… Tout cela n’est que rien. Pas grand-chose; du passe-temps pour oublier, pour ne pas faire ce qui m’attend, ce qui me reste à faire, ce qui a été commencé et qui n’est pas encore terminé.

Rien n’y fait.

pdn

Août 2008

Jouvence

Sculpture, La Malbaie (Charlevoix)

Surgit des légendes et des mythes de la civilisation occidentale,
Jouvence apparaît comme un clin d’œil à l’époque de l’antiquité.
Plusieurs thèmes de cette période sont traités.
Par sa posture droite et élancée, telle une cariatide,
la porteuse d’urne incarne la jeunesse, la force et la fécondité.

L’eau, source de vie, symbolisée par les 2 urnes,
rend hommage à la célèbre fontaine en évoquant son pouvoir régénérateur.
Boire cet élixir pour enfin posséder la jeunesse éternelle…
L’homme du XXI° siècle n’aura jamais été aussi avide et loin de son rêve…

Données techniques de l’oeuvre:
Sculpture en acier peint 98 cm haut x 76 cm x ‪96‬‬ cm‬‬‬‬‬‬‬‬‬
Socle : 101,6 cm x 20 cm

Octobre 2007

Inspilatif et expilatif

expilatif inspilatif

L’espace et la matière se conjuguent comme les phrases. Le fouillis s’organise au fil des idées. Les mots se forment, s’agglutinent, se structurent. L’œuvre prend forme avec la concertation des masses, la pénétration des espaces et l’enveloppement de la lumière.

C’est l’inspilation des idées !

Dans un premier souffle, toute l’énergie de l’expression se tourne vers l’intérieur et prépare la lettre à devenir mot. La magie des signes s’imprime doucement et devient de plus en plus signifiante.

Le mot prend place comme l’image prend un sens.

Le fouillis des idées s’organise toujours. De manière semblable mais opposée, le devenir de la lettre reste entier si le mot reste muet. Vient alors l’expilation.

L’énergie se libère. Ouverture de l’espace, le tourbillon des idées, la lettre s’inscrit et s’exprime en mots dits et redits.

Octobre 2007

Afluve

Afluve

Je n’avais pas dit mon premier mot qu’une bourrée de souffles balaya ma pensée en semant la confusion la plus complète. Mes idées devinrent si volatiles, si incohérentes que j’eus l’impression de me retrouver nu, sans âme, enveloppé d’un nuage d’idées vaporeux s’effilant au gré du flux et reflux de ce courant d’air.

Les mots se mirent à valser et à tourbillonner dans ma tête. À peine pouvais-je distinguer à travers ce brouillard de lettres éparses le fil qui ne guidait plus rien du tout et qui semblait prendre un malin plaisir, lui aussi, à tourner autour de moi.

Puis, une vague impression m’envahit.
J’ai senti alors une envie folle de créer.

Septembre 2007

Graffiti-Piercing

GraffitiP

Signes d’époques.

Durant les années « peace & love » nous portions jeans et sandales. J’avais les cheveux longs, parfois retenus par un lacet de cuir décoré de macramé. Nous clamions résolument notre différence.

J’ai le souvenir encore des condamnations malheureuses provenant de ces adultes intolérants et aussi de ces rebuffades lancées du regard par ceux qui osaient à peine témoigner leur embarras de nous voir exister.

Je vois aujourd’hui ces ados, percés de métal et masqués de tatous. Cette jeunesse vêtue de tout et de rien, colorée et maquillée à ne plus se reconnaître, bravant les chimères et dictant leurs chants rebelles sur les murs gris de la ville.

Comme un écho lointain, j’entends ces condamnations malheureuses provenant de ces adultes intolérants et aussi de ces rebuffades lancées du regard par ceux qui osaient à peine témoigner leur embarras de nous voir exister.

Prise deux !

Juillet 2007

Arbralu

Arbralu

Depuis bien longtemps, la terre a rendu ce qu’elle avait de plus précieux. Bafouée, sans répit, détournée, affaisée, irradiée, mole par mole, gène par gène, cellule par cellule. L’âge de la vie sur terre n’est plus. Le soleil aussi a perdu ce qu’il avait de plus beau. La Voie est devenue stérile. L’humain n’en témoignera jamais plus.

En cette année 140 451, comme une contrefaçon, à l’autre bout de l’univers, quelques génomes ont échappé au désastre et ont terminé leur odyssée. Réfugiés planétaires, ils ont germé, cellule par cellule, l’hybride est né. Il assure autrement.

De ses ancêtres, croisent aujourd’hui fils et fibres.
De ses origines, il a conservé, branches et racines, feuilles et fleurs.

Que deviendra-t-il 154 041 ans plus tard ?
Se laissera-t-il encore une fois dominer, détourner, affaisser, irradier ?

Implacable nature.

Mai 2007

Je suis écoeuré de mourir... Et alors!

Fresque murale, Québec

Écoeuré de mourir

Ce pourrait être une parade à la boutade du poète Claude Péloquin, qui, voilà 40 ans, lançait à la figure des Québécois : « Vous n’êtes pas écoeurés de mourir bande de caves ! »

Puis, comment ne pas songer à ces événements qui surgissent sans prévenir dans notre parcours de vie, et qui font réaliser que notre empreinte aurait pu s’arrêter là, brusquement ? L’instant d’une toute petite fraction de seconde notre destinée aurait pu s’éteindre, inexorablement, comme le bout de la chandelle épuisée.

Et il y a aussi ces moments magiques qui nous entraînent dans le monde du rêve, dans l’espace imaginaire, dans l’univers de la création. N’est-ce pas aussi mourir que de reprendre contact avec le quotidien terne et routinier ? N’est-ce pas mourir un peu chaque fois que d’abandonner ces lieux magiques ?

Que ce cri demeure bien caché, tout enfoui sous la peau,
là où s’accumule les cicatrices.

En 1968, dans la foulée du mouvement indépendantiste du Québec, le sculpteur Jordi Bonet et son ami poète Claude Péloquin clamaient à la face des québécois : «Vous n’êtes pas écœurés de mourir, bandes de caves !». Quarante ans plus tard, dans le même esprit, non sans provocations, une réponse a surgi, aussi simple que l’interpellation, imprimée à jamais dans le conglomérat, enfouie sous une couche de béton. Le Québec? … Et alors!

Novembre 2006

Prétention

Prétention

Pour peu que la matière trouve son espace.

Pour peu que ces vides, lacés au détour d’une simple ligne, relâchent leur emprise. Pour peu que ce moule s’immobilise. Un instant, juste ici, ou juste là, pour montrer ce qu’il prétend devenir. Mais tout bouge ! Tout « mouve » !

J’oubliais de vous dire que mon regard n’est que l’arrêt temporaire de ce que prétend voir mon imaginaire. L’image que j’essai de fixer demeure toujours fluide coulant de l’infini vers l’infini.

Tout bouge ! Tout « mouve » ! Dichotomie entre le vide et le plein, entre la droite et la courbe, entre le mouvement et l’inertie.

Voilà une épreuve.

Sur chaque pointe, 3 axes retiennent l’équilibre entre mon rêve et la réalité. De ces axes s’articule une infinité de formes, de postures qui n’ont que de sens leur prétention.

Avril 2006

Ouelurie

Ouelurie

Un regard perdu à l’horizon est aussi nébuleux qu’un regard sur soi-même devant un miroir… Au-delà de l’horizon le regard passe et derrière le miroir l’intimité pénètre bien au-delà de l’apparence.

Drôle d’espoir pourtant que de s’imaginer comprendre les méandres, les replis et les textures difformes meublant nos pensées. Pâle esquisse de la réalité que le regard perçoit : méli-mélo d’émotions et de rationnel ne laissant filtrer qu’une parcelle de vérité.

Car c’est bien la fine pointe de l’iceberg que les mots de l’esprit tentent de décrire, d’expliquer ou d’exprimer.

Qui peut se vanter d’avoir vu ce qu’il y a derrière son horizon ?

Août 2005

Bélian

Sculpture monumentale, Frampton (Beauce)

Août 2005… à la brunante.

Agréable journée. Que de satisfaction ! Comment raconter ? Une idée a germé à la vue de tous ces bouts de bois qui dormaient depuis … depuis trop longtemps.

Une idée, c’est peu dire. Plutôt une tornade de formes, de lignes, de courbes qui s’alignent, se dressent et s’élancent dans un élan, figées dans le temps. J’imagine un grain qui germe, l’éclosion de la vie qui, inexorablement, se dresse et se forge. Je vois aussi dans ces champs, toutes ces cultures, cette vie végétale généreuse, ces brindilles, ces blés, ces avoines qui n’en finissent plus de plier et de céder à la volonté du vent.

Ce vent presque toujours présent sur ces plateaux de Beauce. Ce vent qui fait chanter les arbres bordant la forêt. Qui siffle jusque dans mon refuge, par les fenêtres de ma chambre. Éole règne. Il fait plier l’échine de ces bois et impose le salut.

Bélian

Drôles d’idées que j’ai eues à la vue de ces planches dormantes. Elles auront une deuxième vie, un deuxième souffle; symbolique. Leur seule utilité dorénavant sera de provoquer la curiosité. Pour un temps…

Voilà comment a été conçu « Bélian »
Une empreinte a germé dans ce Beau Lieu garni de vent.

Le lendemain soir.

Bélian a grandi. Elle a pris sa forme, son élan. C’était comme un accouchement. Un germe qui éclos, un bébé qui accouche. Voilà ! Reste bien quelques trucs à installer ici et là, question de parfaire une beauté et de maquiller une allure finale.

Restera le temps qui, petit à petit, fera son œuvre. La patine du bois chauffée par le soleil, le tortillage des brins séchant et courbant vers ici ou vers là. Certains tomberont. Comme les vieux. Elle atteindra sa maturité à l’automne ou peut-être bien au printemps prochain!

Voilà comment Bélian est né.

Cette œuvre démontre le caractère similaire et indissociable d’une communauté agricole et de la nature environnante. Monté à partir de résidus de bois provenant d’un vieux bâtiment agricole et d’articles aratoires découverts dans les champs avoisinants, Bélian représente cette force tranquille et irrésistible de la nature vivante : celle de vouloir prendre racine et de grandir, comme la communauté occupante qui, à force de persévérance, a su s’enraciner et transformer ce terroir à son profit.